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Plan des modes actifs et Rose des modesᵀᴹ : deux innovations pour montrer la complémentarité des transports en commun et des modes actifs

22 juin 2022

Keolis Lyon a fait appel à nos expertises pour la création de deux documents innovants : le plan des modes actifs et la Rose des modesᵀᴹ.

Le plan des modes actifs est un plan qui représente transports en commun et mobilités actives sur un seul et même support, à l’échelle de la ville.

La Rose des modesᵀᴹ, idée originale Latitude-Cartagène, est un outil qui indique, depuis un lieu donné et en fonction du mode choisi (marche, vélo, transport en commun…), les temps de parcours vers différentes destinations.

Ces deux dispositifs d’information complémentaires ont pour objectif d’amener l’usager, en prenant conscience de ses alternatives, à se départir de ses réflexes de déplacement et à penser « multimodalité » ou « intermodalité ».

Introduction

Dans la lignée des différentes actions impulsées par SYTRAL Mobilités et la Métropole de Lyon en faveur des modes actifs, de la multimodalité ou de l’intermodalité, les équipes de Keolis Lyon ont souhaité faire évoluer l’information voyageur du réseau TCL pour mettre en lumière deux modes complémentaires aux transports en commun : la marche à pied et le vélo.

Les usagers lyonnais ont donc pu remarquer l’arrivée sur leur réseau, en décembre dernier, de deux nouveaux documents d’information voyageur totalement innovants qui présentent le potentiel de mobilité en transports en commun, à vélo et à pied sur un même support.

Découvrez, à travers cet article, le plan des modes actifs et la Rose des modesᵀᴹ, nés d’un travail de réflexion entre Keolis Lyon et nos équipes, ainsi que les résultats d’une enquête terrain menée par Nova7 pour interroger la pertinence de ces deux outils.

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Plan des modes actifs et Rose des modes™️ – Station de métro TCL (Lyon)

1. La genèse du projet

1.1. Le besoin de représenter la complémentarité des modes de transport

Il n’y a pas si longtemps, les différents modes de transport alternatifs à la voiture individuelle étaient traités indépendamment les uns des autres. Ils pouvaient même être concurrentiels.

Aujourd’hui, les modes doux, l’intermodalité et la multimodalité sont au cœur des sujets « mobilité ». En effet, que ce soit pour des raisons écologiques ou liées au contexte économique (augmentation du prix de l’essence), à cause de contraintes supplémentaires liées à la voiture individuelle (Zones à Faibles Émissions) ou encore en réaction à la saturation des transports en commun, une tendance générale se dégage : s’ils n’ont déjà fait évoluer leurs modes de déplacement, les usagers semblent au moins, pour la plupart, désormais prêts à voyager autrement sans pour autant réussir à franchir le cap.

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Amener les voyageurs à envisager la multimodalité et l’intermodalité

Le contexte actuel pose donc la question clé de l’accompagnement au changement : Comment amener les voyageurs à envisager et à adopter d’autres façons de se déplacer ? Et, plus précisément, comment mettre en avant la marche à pied et le vélo dans un objectif d’intermodalité ou de multimodalité ?

Pour faire évoluer les représentations des voyageurs quant à leurs alternatives de mobilité, Keolis Lyon nous a invités à collaborer dans le cadre d’une expérimentation nouvelle sur le réseau TCL.

1.2. L’évolution de la multimodalité et de l’intermodalité dans nos cartographies

Pendant longtemps, les produits cartographiques que nous réalisions concernaient soit les transports en commun, soit les modes actifs, mais la représentation sur un même document de ces deux thématiques était rare.

La première réelle intégration des modes actifs dans nos solutions d’information voyageur s’est faite il y a quelques années avec nos plans de quartier automatisés. Pour répondre à la problématique du « dernier kilomètre », nous avons proposé de représenter, par un cercle, les lieux atteignables en quelques minutes à pied autour du point d’arrêt, permettant ainsi à l’usager de combiner le mode « marche à pied » avec les transports en commun.

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Plan de quartier avec isochrone – Réseau TBM (Bordeaux)

Aussi, depuis plusieurs années et à la demande de nos clients, nous avons intégré, sur nos plans de réseaux urbains, différentes données liées à l’intermodalité et à la multimodalité : gares SNCF, parkings relais, stations de vélos en libre-service, etc.

Ces informations étaient cependant le plus souvent représentées sous forme de points, sans complémentarité avec le reste de l’offre de mobilité. Savoir que l’on peut emprunter un vélo à côté de la gare est une information pertinente. Connaître le potentiel de déplacement avec ce mode l’est encore plus. C’est en cela que la réflexion menée avec Keolis Lyon est totalement innovante.

À noter que, récemment, nous sommes allés plus loin en matière de multimodalité et d’intermodalité avec le « Plan Mobilités et Cyclo » réalisé pour l’Université de Cergy-Pontoise. Sur ce plan, l’information de la cyclabilité des axes a été indiquée en complémentarité des linéaires des transports en commun. Des informations sur le temps de marche à pied ont par ailleurs été ajoutées en légende pour donner une information plus complète aux usagers.

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Plan vélo du campus international de Cergy-Pontoise

Nous n’avions cependant jusqu’à présent jamais représenté, sur un même plan statique, le potentiel de déplacement en transport en commun, vélo et marche à pied.

Avant de réfléchir à la meilleure façon de représenter transports urbains et modes actifs sur un même document, nous nous sommes tout d’abord posé la question de savoir s’il existait, à l’échelle mondiale, des plans traitant de ces trois thématiques à la fois.

Nous avons donc réalisé un état des lieux des différents produits cartographiques existants. Pour ce benchmark, nous avons recensé des documents qui contenaient au moins une information vélo ou marche à pied, en complémentarité d’une représentation détaillée de l’offre de transport urbain.

1.3. Comment la multimodalité et l’intermodalité sont-elles représentées dans le monde ?

Étant donné les milliers de documents formels ou informels qui puissent exister, l’étude que nous avons réalisée ne peut se prétendre exhaustive. Nous n’avons cependant trouvé aucun plan regroupant les trois thématiques, transport en commun, vélo et marche à pied, à la fois.

Nous avons cependant repéré certains exemples à l’étranger qui sont plutôt inspirants. À Dublin, par exemple, un plan schématique reprend certaines lignes de transports en commun tout en indiquant des informations multimodales aux points d’arrêt.

Ce qui a retenu notre attention sur ce document, c’est l’indication du temps piéton entre deux points d’arrêt. Puisqu’un plan schématique, par définition, ne représente pas la réalité géographique, les auteurs ont trouvé pertinent d’indiquer un temps de marche raisonnable entre deux axes du réseau a priori non connectés.

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Plan schématique de Dublin

Quoi qu’il en soit, la conclusion du benchmark réalisé est qu’il n’existe pas, à notre connaissance et à l’échelle mondiale, d’exemples de plans qui mettent en valeur les liaisons de transports en commun, de vélo et de marche à pied.

Nous avons donc réfléchi à la façon d’intégrer ces trois thématiques pour transmettre le message souhaité au grand public, à savoir que :

  • les transports en commun et les modes actifs ne sont pas concurrents mais complémentaires,
  • il est possible d’envisager autrement ses déplacements en variant (multimodalité) ou en combinant (intermodalité) ces différents modes de déplacement.

2. Le résultat : deux supports de communication complémentaires

Selon le contexte (envie du moment, conditions météorologiques favorables ou non, perturbation ou arrêt la nuit du réseau de transports en commun, déplacement qui nécessite d’opérer plusieurs correspondances dans une zone peu desservie, embouteillages…), avoir plusieurs solutions pour se déplacer représente une opportunité pour les voyageurs.

C’est pourquoi les modes actifs ne sont pas concurrents des transports en commun. Ils apportent au contraire des alternatives très intéressantes qui encouragent à sortir de ses habitudes et à préférer d’autres modes à la voiture individuelle. Chacun peut ainsi varier ses déplacements en raisonnant « multimodalité » ou « intermodalité ».

C’est pour faire prendre conscience de la multiplicité et de la complémentarité des modes de transport, véritable plus-value au quotidien pour les usagers, que Keolis Lyon a fait appel à nos équipes pour l’accompagner dans la réalisation d’un plan permettant d’envisager de nouveaux potentiels de déplacement.

2.1. Le plan des modes actifs

Le plan des modes actifs a été conçu selon l’objectif de mettre en avant les parcours complémentaires entre transports en commun, vélo et marche à pied.

Pour réaliser ce plan à destination des usagers des transports en commun, nous avons eu, avec les équipes de Keolis Lyon, une réflexion très poussée sur les liaisons à représenter pour chacun des modes. Nous avons pour cela pris en compte tant des données qualitatives que quantitatives.

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Plan des modes actifs du réseau TCL (Lyon)

Par ailleurs, pour faciliter la bonne compréhension de ce plan, nous avons repris les codes graphiques de la gamme cartographique du réseau de transport lyonnais, connus des usagers et donc familiers.

Enfin, nous avons opté pour une représentation géographique qui permette aux usagers d’estimer de manière intuitive d’autres temps de parcours que ceux représentés.

Le plan des modes actifs a été implanté dans différentes stations du réseau TCL :

  • Bellecour (Métro)
  • Charpennes (Métro et tram)
  • Gare de Vaise (Métro)
  • Grange Blanche (Métro et tram)
  • Jean Macé (Métro et tram)
  • La Soie (Métro et tram)
  • Mermoz – Pinel (Métro et tram)
  • Part-Dieu Villette (Tram)
  • Part-Dieu Vivier Merle (Métro et tram)
  • Saxe Gambetta (Métro)
  • Place Guichard (Métro)

Depuis son rendu public en décembre dernier, le plan intermodal « TC + modes actifs » a suscité nombre de retours positifs. La pertinence de cette nouveauté en faveur de la multimodalité a été soulignée par les professionnels des transports en commun, les élus ainsi que le grand public.

2.2. La Rose des modesᵀᴹ

Si le plan des modes actifs offre une vision globale du potentiel de mobilité en transport en commun, à vélo et à pied sur l’ensemble du territoire, il nous a semblé intéressant de proposer, en complément, une vision plus locale qui permettrait à chacun de profiter d’une information ciblée selon l’endroit où il se trouve.

Les planètes étaient alignées : pour améliorer l’expérience usager dans ce contexte d’évolution des mœurs en faveur du vélo et de la marche à pied, nous avions réfléchi en interne à la conception d’un outil qui permettrait de mettre à disposition de chacun les informations essentielles pour choisir les modalités de son parcours, à savoir ses alternatives de mobilité ainsi que la durée du trajet relatif à chaque mode. C’est ainsi qu’est née la Rose des modesᵀᴹ.

La Rose des modesᵀᴹ est un modèle représenté sous forme de schéma qui permet de comparer les temps de trajet relatifs à différents modes de déplacement (vélo, marche à pied, transport en commun…) entre un lieu central (l’origine) et des lieux identifiés (les destinations).

Sur ce modèle, la comparaison de la longueur des segments représentant les différents modes aide l’usager à mieux appréhender la temporalité entre le lieu où il se situe et sa destination.

Rose des modes - Bellecour (Réseau TCL - Lyon)

Rose des modes – Bellecour (Réseau TCL – Lyon)

Nous avons proposé la Rose des modesᵀᴹ aux équipes du service innovation du Sytral et de Keolis Lyon qui ont été séduites par cet outil innovant, en phase avec les besoins actuels et en mesure d’apporter un élément déclencheur supplémentaire pour inciter les usagers à franchir le pas.

Indiquer les temps de parcours, depuis un lieu donné et en fonction du mode choisi (transports en commun, vélo, marche à pied), permet notamment de faire prendre conscience que les temps de parcours à vélo (ou à pied) dans la ville ne sont finalement pas aussi importants qu’on pourrait l’imaginer et, ce faisant, inciter à tester ces autres modes.

Aussi, les QR code présents sur le document montrent aux utilisateurs que des outils peuvent les aider dans leurs déplacements alternatifs, en particulier la carte interactive du réseau TCL qui permet de calculer directement un itinéraire en TC, à vélo, à pied ou en modes combinés.

La Rose des modesᵀᴹ a été implantée dans un premier temps, à titre expérimental, à deux endroits du réseau, Bellecour et Debourg.

Sa découverte a également suscité, en décembre, beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, notamment de la part de journalistes parisiens (Les Échos, etc.), qui l’ont identifiée comme une véritable innovation.

La Rose des modesᵀᴹ a par ailleurs été nominée aux Trophées 2022 de l’innovation du Transport public.

Nominés de la catégorie « Accessibilité, aménagements, confort, design » des Trophées de l’innovation du Transport public 2022 

3. La pertinence des outils questionnée à travers une enquête usager

Pour questionner la pertinence du plan des modes actifs et de la Rose des modesᵀᴹ auprès des usagers, Keolis Lyon a commandé une enquête auprès de Nova7, agence d’étude, de conseil et d’expérimentation spécialisée notamment dans les problématiques de mobilité et qui privilégie une approche transdisciplinaire dont la psychologie sociale.

Cette étude a été réalisée auprès d’utilisateurs des transports collectifs, réguliers ou occasionnels, avec l’objectif de voir si et en quoi le plan des modes actifs et la Rose des modesᵀᴹ pouvaient les amener à reconsidérer certains choix modaux pour leurs trajets.

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Plan des modes actifs et Rose des modes™️ – Station de métro Part-Dieu – Réseau TCL (Lyon)

3.1. Quels sont les critères qui font opter pour un mode de transport en particulier ?

L’enquête a tout d’abord permis de faire ressortir les conditions selon lesquelles le choix du mode pouvait se porter sur la marche à pied, le vélo en libre-service ou les transports en commun.

3.1.1. Les critères en faveur de la marche à pied

Le choix du mode piéton est conditionné à différents critères :

  • Un temps de marche de 10 à 30 minutes maximum entre l’origine et la destination ;
  • Une météo favorable ;
  • Le temps disponible pour effectuer le trajet ;
  • Un moyen d’éviter une correspondance en transports en commun si le tronçon restant en bus ne concerne qu’un ou deux arrêts ou en cas de retard du bus ou du tram.

3.1.2. Les critères en faveur du vélo en libre-service

L’usager peut être motivé à utiliser un Vélo’v s’il se trouve dans l’un ou l’autre des contextes suivants :

  • le réseau est perturbé ;
  • le trafic est perturbé et le contraint à attendre plus longuement sa correspondance ;
  • la desserte en transports en commun n’est pas optimale ;
  • la distance est adaptée (ni trop longue, ni trop courte) ;
  • la météo est favorable ;
  • cela lui permet d’éviter les heures de pointe (sauf le matin) ;
  • le trajet est un trajet cyclable, sans trop de dénivelé et il s’y sent en sécurité ;
  • le trajet lui apporte du plaisir, lui permet de faire un peu de sport ou de s’aérer ;
  • la marge d’incertitude est acceptable (dans le cas où il n’y aurait pas de place à la station de destination) ;
  • cela lui permet d’économiser un mois d’abonnement TCL, notamment les mois où la météo est plus agréable.
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Station Vélo’v en gare TER d’Oullins

3.1.3. Les critères en faveur des transports en commun

L’usager va avoir tendance à choisir les transports en commun s’il se trouve dans certains contextes en particulier, tels :

  • C’est une habitude ;
  • La distance à parcourir est grande ;
  • La météo n’est pas clémente ;
  • Cela fait gagner du temps par rapport à la marche à pied ou au vélo ;
  • Il habite à proximité d’un arrêt d’une ligne forte (métro et tramway) ;
  • Le trajet est sans correspondance(s) ;
  • Il ne connaît pas l’itinéraire à pied ou à vélo ;
  • Le trajet n’est pas adapté au vélo et à la marche ;
  • Il s’agit d’une vraie alternative à la voiture, pour des motifs écologiques ou pour éviter les problèmes de stationnement.

3.2. Les réactions au plan des modes actifs

3.2.1. Les éléments appréciés des usagers

L’étude a mis en évidence les éléments appréciés des usagers :

  • Un slogan explicite, une légende compréhensible et des symboles intuitifs ;
  • Un QR code utile car il mène à un outil optimisé qui indique les temps de marche et de vélo (si tant est qu’il soit flashé) ;
  • La représentation des stations Vélo’v qui permet de les localiser au moins approximativement ;
  • L’esthétisme des pictogrammes des monuments qui les rend bien identifiables ;
  • Le choix d’affichage des temps de parcours sur le plan, plus pertinent que les distances ;
  • L’indication des temps de parcours piéton, une information intéressante à avoir autour de chez soi pour rejoindre certains arrêts de métro à pied plutôt qu’en bus.

3.2.2. Les axes d’amélioration

L’étude réalisé par Nova7 a également montré certains axes d’amélioration à envisager :

  • Montrer le niveau de difficulté et de sécurité des trajets à vélo ;
  • Mettre en valeur les itinéraires cyclables sécurisés comme les Berges du Rhône ;
  • Détailler la légende pour expliquer ou attirer l’attention sur certains éléments (stations vélos, parcours cyclables, lignes de bus, de métro…).

À noter que certains participants ont jugé les temps de parcours à vélo beaucoup trop optimistes. Après vérification, ils ont finalement constaté que ces temps étaient bien réalistes.

3.2.3. La vocation du plan des modes actifs

L’intérêt principal relevé par les participants pour le plan des modes actifs est la possibilité de découvrir ou de redécouvrir des alternatives aux trajets (ou bouts de trajets) qu’ils font habituellement en transports en commun.

Le plan des modes actifs n’a pas vocation à construire des itinéraires pendant ses déplacements (sauf en cas de grèves, de manifestations ou de perturbations du réseau). Il va faire changer la perception du territoire et jouer sur les représentations des uns et des autres sur les déplacements en modes actifs. Il va « planter une graine dans l’esprit des gens » qui vont peut-être vouloir tester une solution un jour de beau temps par exemple.

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Plan des modes actifs – Station de métro Part-Dieu – Réseau TCL (Lyon)

Pour conclure, le plan des modes actifs ne va pas déclencher directement un changement en cours de trajet mais il va participer à informer, à montrer d’autres alternatives. En définitive, il va participer au processus d’évolution des représentations sur la multimodalité et l’intermodalité en général et sur le vélo en particulier.

À la question de l’endroit où ils souhaiteraient trouver ce plan, les participants ont répondu qu’il serait utile là où on attend (quais de métro, abribus, abris de tram).

3.3. Les réactions à la Rose des modesᵀᴹ

3.3.1. Les éléments appréciés des usagers

L’étude a mis en évidence les éléments appréciés des usagers :

  • Nouveau, esthétique, facile à lire ;
  • Une forme originale qui attire l’attention ;
  • Un support très pertinent, notamment pour les touristes ;
  • Des pictogrammes efficaces.

3.3.2. Les axes d’amélioration

Elle a également montré certains axes d’amélioration à envisager :

  • Indiquer uniquement des pôles générateurs de mobilité ;
  • Indiquer plutôt le nom des points d’intérêts que les noms des stations, moins évocateurs ;
  • Bien veiller à sélectionner des points d’intérêt pertinents ;
  • Ne pas afficher un temps de marche supérieur à 30 minutes.

3.2.3. La vocation de la Rose des modesᵀᴹ

La Rose des modesᵀᴹ est considérée comme un très bon support pour comparer instantanément les temps de trajet selon les modes. Elle permet ainsi de choisir entre les transports en commun, le vélo ou la marche à pied sur des trajets précis.

Cet outil ne peut en revanche pas remplacer un plan. Il ne permet pas de se repérer. Il est complémentaire des plans existants.

À l’instar du plan des modes actifs, la Rose des modesᵀᴹ n’influe pas sur le choix au cours d’un déplacement mais elle donne à réfléchir pour de futurs trajets. Elle fait évoluer les représentations quant à la faisabilité et à la marchabilité des trajets.

Pour répondre à la question de l’intermodalité ou de la multimodalité et puisqu’elle va permettre de choisir, pour certains trajets, les modes actifs plutôt que les transports en commun, la Rose des modesᵀᴹ devrait idéalement être implantée à l’extérieur des stations, en amont de la validation des titres de transport et idéalement au moment où on choisit son mode de transport.

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Rose des modes™️ – Station de tram Part-Dieu – Réseau TCL (Lyon)

En conclusion, cette étude a montré que l’intérêt principal de la Rose des modesᵀᴹ était de conforter ou de modifier les représentations sur les trajets à pied ou à vélo. Cet outil, très attirant visuellement, doit être placé à des endroits stratégiques. Il sera rarement utilisé pour planifier un itinéraire en amont d’un déplacement mais il sera très utile en cas de perturbation, à la condition qu’il soit implanté au bon endroit, in situ.

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Rose des modes réalisée à l’occasion de l’European Mobility Exposition 2022 – Porte de Versailles (Paris)

3.4. La complémentarité entre le plan des modes actifs et la Rose des modesᵀᴹ

Pour une partie des répondants, les deux supports, plan des modes actifs et Rose des modesᵀᴹ, sont complémentaires.

Le plan des modes actifs permet de visualiser l’ensemble de la ville et montre qu’il est possible un peu partout de trouver des alternatives de déplacement.

La Rose des modesᵀᴹ, quant à elle, offre une vision très claire sur la plus courte manière de rejoindre une destination précise au départ d’un endroit donné. Elle permet de comparer les temps de trajet entre les différents modes.

« La Rose des modesᵀᴹ et le Plan des modes actifs sont deux dispositifs qui permettent de faire évoluer progressivement les représentations du territoire et des modes actifs chez les usagers. Parce qu’ils donnent la possibilité de comparer les temps de trajet à vélo, à pied et en TC, ces outils ont pour effet, à terme, d’ancrer davantage les modes actifs comme modes de transports envisageables pour les individus. »

Quentin Zaragori, psychologue social chez Nova7

4. Multimodalité et intermodalité : quelle différence ?

4.1. Qu’est-ce que la « multimodalité » ?

La multimodalité correspond à la possibilité d’utiliser différents modes de transport pour un même itinéraire.

4.2. Qu’est-ce que l’« intermodalité » ?

L’intermodalité correspond à la possibilité de combiner au moins deux modes de transport différents de façon au cours d’un même déplacement.

Conclusion

La mise en avant de la marche à pied et du vélo en complément des transports en commun par ces deux outils complémentaires, plan des modes actifs et Rose des modesᵀᴹ, est une véritable innovation.

Le plan des modes actifs permet de prendre conscience des alternatives de déplacement sur un territoire donné. La Rose des Modesᵀᴹ, elle, répond à des besoins de l’usager qu’une cartographie ne peut pas forcément satisfaire, à savoir la comparaison instantanée et intuitive des temps de parcours selon le mode utilisé entre une origine et des destinations.

L’enquête usagers réalisée par Nova7 a souligné la pertinence et la complémentarité de ces deux outils. Elle a par ailleurs mis en évidence des axes d’amélioration à prendre en compte avant le déploiement de ces outils sur l’ensemble du réseau TCL.

En informant ou en donnant à voir des alternatives pour combiner les modes actifs et les transports en commun, le plan des modes actifs et la Rose des modesᵀᴹ apportent un potentiel supplémentaire de mobilité aux usagers et contribuent ainsi doucement à la transition écologique. Associés à une bonne communication, ils permettront d’ancrer ou de développer une autre façon de penser ses déplacements.

Nous sommes fiers d’avoir été associés à ce beau projet en faveur des modes durables et nous remercions vivement la Métropole de Lyon, le SYTRAL et les équipes de Keolis Lyon pour leur confiance.

 

Amandine G., pilote du projet

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Plan des modes actifs – Gare de Vénissieux – Réseau TCL (Lyon)

 

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